Aménager les territoires par la culture. Effets et contradictions urbaines des grands événements culturels

Synthèse d’un chapitre d’ouvrage

Mathilde Vignau

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Référence électronique

Vignau, M. (2022). Aménager les territoires par la culture. Effets et contradictions urbaines des grands événements culturels . Zoom recherche. Mis en ligne le 04 mai 2022, Cahiers ESPI2R, consulté le 04 octobre 2022. URL : https://www.cahiers-espi2r.fr/844

Depuis plusieurs décennies, le secteur du divertissement (culturel, créatif, sportif…) s’impose comme un réel levier pour l’aménagement et la réhabilitation des territoires urbains. À ce titre, le champ de la culture revêt une importance de plus en plus prégnante. Qu’il s’agisse d’équipements culturels (musées, salles de spectacle, de concert, galeries d’art…) ou de grands événements créatifs, la culture permet d’initier la fabrique et le renouvellement de nouveaux quartiers, et ce en dépit de plusieurs contradictions territoriales, comme on a pu le constater avec l’organisation de l’événement Capitale européenne de la culture en 2013 à Marseille.

La présente synthèse est rédigée à partir du chapitre « Initier la fabrique des territoires par le biais d’un grand événement culturel. Effets et contradictions urbaines de Marseille-Provence 2013 », issu de l’ouvrage Le pérenne et le temporaire dans la fabrique urbaine. La place des grands événements sportifs et contemporains dans la ville, publié en 2022 aux éditions L’Harmattan sous la direction de Iona Iosa, Emmanuelle Lallement et Caroline Rozenholc-Escobar.

Contexte de l’étude

Depuis l’obtention du titre de Capitale européenne de la culture (CEC)1 par l’ancienne ville portuaire industrielle de Glasgow en 1990 (Jeannier, 2006 ; 2018), l’inauguration d’équipements culturels structurants, au même titre que l’organisation de grands événements créatifs, contribue activement à la fabrique ou au renouvellement de territoires urbains, qui deviennent ainsi plus compétitifs et attractifs. En effet, cet épisode marque la transformation d’une récompense jusqu’alors assez anecdotique en une véritable stratégie de labellisation2 permettant d’obtenir des financements et d’initier une transformation profonde du territoire urbain qui l’obtient.

En ce sens, cette étude se focalise sur les effets et les contradictions urbaines qui émanent de politiques territoriales basées sur le secteur culturel, en analysant plus spécifiquement le cas du territoire marseillais, lauréat du titre de CEC en 2013. Il s’agit de montrer comment, dans un contexte d’inertie et de crises multiples (Morel, 1997), les décideurs locaux phocéens ont rapidement mesuré l’importance et les opportunités que pouvait offrir le secteur du divertissement, et plus spécifiquement le champ culturel, dans le but de transformer des quartiers urbains à l’image souvent péjorative. Cependant, les projets d’aménagement ou les politiques territoriales ainsi mis en œuvre produisent en réalité des retombées secondaires négatives de par, notamment, les techniques utilisées pour valoriser le territoire.

Le grand événement Marseille-Provence 2013 (MP 2013) représente ainsi la consécration de stratégies territoriales défendues par une pluralité d’acteurs aux ambitions et intérêts divers. Cependant, malgré des effets positifs parfois considérables sur l’image et l’attractivité générale d’un quartier voire d’une ville tout entière, le fait de considérer le secteur culturel comme un nouvel outil au service de l’aménagement territorial reste incertain. En effet, le positionnement des acteurs – en particulier les entreprises et la sphère économique – sur le rôle supposé des grands équipements ou des grandes manifestations culturelles induit un certain nombre de contradictions urbaines (Vignau, 2022), objets de cette étude.

Méthodologie

Cette analyse poursuit un travail doctoral centré sur la géographie de la créativité (Vignau, 2019). En portant attention aux stratégies territoriales mises en œuvre par les décideurs locaux à toutes les échelles, on remarque que, depuis la fin des années 1990, le secteur du divertissement, en particulier culturel ou sportif, est souvent considéré comme prioritaire. Le fait de pouvoir organiser un événement de grande ampleur (CEC, exposition internationale, biennale d’art contemporain, Jeux olympiques…) entraînerait un effet d’image indéniable qui favorise l’attraction de nouveaux usagers aux profils et ambitions variées (touristes, résidents, investisseurs).

Afin d’analyser plus précisément ces stratégies au sein de la ville de Marseille, cette étude mobilise plusieurs ressources méthodologiques. Elle propose d’abord d’examiner les discours d’acteurs sur les enjeux liés à l’organisation du grand événement MP 2013 par le territoire Marseille-Provence. Pour ce faire, une analyse de la presse quotidienne régionale a été réalisée, et près de 3 000 articles du quotidien régional La Provence constitue le corpus. Les résultats qui en découlent sont également étayés par l’étude d’une vingtaine d’entretiens semi-directifs, menés auprès d’acteurs économiques, politiques et culturels. Enfin, cette analyse repose également sur un travail de terrain au sens propre du terme, qui s’incarne notamment dans l’étude de photographies urbaines et dans la réalisation d’une cartographie dédiée à partir de plusieurs sources (données statistiques, géolocalisation…).

Principaux résultats

Cette étude fournit trois principaux résultats. D’abord, l’émergence d’un nouveau périmètre géographique émanant directement du grand événement culturel MP 2013. Puis, la mise en lumière des nombreuses transformations urbaines constatées notamment sur le front de mer marseillais, en vue d’accueillir les manifestations culturelles de la CEC. Enfin, la présentation de plusieurs contradictions urbaines, qui sont autant de limites en termes d’aménagement territorial par la culture.

MP 2013 ou la fabrique d’un nouveau périmètre géographique autour de la culture

Ce premier résultat permet d’expliquer comment l’obtention du titre culturel européen a pu contribuer à l’émergence d’un nouveau territoire géographique3 (i.e. le territoire MP 2013) réunissant des acteurs territoriaux aux ambitions et aux volontés parfois radicalement différentes. Ce territoire spécifique, créé ex nihilo pour porter l’événement et les manifestations culturelles de l’année 2013, épouse peu ou prou les limites départementales (voir la figure 1). Son émergence découle de la mobilisation d’une triple catégorie d’acteurs, à savoir : les chefs d’entreprise liés au secteur économique, les élus et acteurs politiques et, enfin, les professionnels de la culture associés à divers artistes.

D’un point de vue chronologique, ce nouveau territoire émane d’une succession de positionnements ou d’actions en faveur d’un projet favorisant l’échelon métropolitain, et ce en dépit d’un rejet politique historique important. À ce titre, l’association de plus de 95 communes bucco-rhodaniennes autour de Marseille au sein d’un territoire culturel uni constitue, en soi, un premier résultat particulièrement important (Grésillon & Vignau, 2020). Aux origines de cette petite révolution territoriale, les secteurs de la culture et du divertissement ont donc permis de rassembler – au moins entre 2007 et 20134 – des acteurs et des élus souvent fortement opposés sur de nombreux sujets.

La fabrique du nouveau périmètre MP 2013 trouve son fondement dans l’intérêt que les acteurs économiques vont porter au secteur culturel et, plus précisément, au titre de CEC. En effet, la candidature marseillaise est originellement portée par plusieurs chefs d’entreprises locales, et plus particulièrement par l’association Mécènes du Sud et la chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence (CCI MP).

Figure 1. Marseille-Provence, la création ex nihilo d’un territoire politique comme support de l’événement culturel MP 2013

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Reproduit de Vers une géographie de la créativité : impacts des lieux, des activités et des événements créatifs et culturels sur le développement de la région SUD – Provence-Alpes-Côte d’Azur, par M. Vignau, 2019, p. 351 et de « Initier la fabrique des territoires par le biais d’un grand événement culturel. Effets et contradictions urbaines de Marseille-Provence 2013 » par M. Vignau, dans Le pérenne et le temporaire dans la fabrique urbaine. La place des grands événements sportifs et contemporains dans la ville, 2022, © L’Harmattan.

Par la suite, prenant toute la mesure du projet défendu par la sphère économique qui ambitionne principalement de tirer le meilleur parti des secteurs culturels et créatifs afin d’améliorer la compétitivité et le dynamisme territorial de l’aire métropolitaine marseillaise (CCI MP, 2005 ; Donzel, 2014 ; Maisetti, 2014), les acteurs politiques vont également s’investir. C’est notamment le cas des élus marseillais qui approuvent, dès le mois de mars 2004, la candidature de la ville afin d’organiser le grand événement MP 2013. À cette période, il faut toutefois noter que cette candidature engage exclusivement la cité phocéenne. Il faut attendre l’année 2007 et la nomination du directeur général de l’association MP 2013, Bernard Latarjet, pour observer un réel élargissement du périmètre incluant, entre autres, les deux rivales historiques Aix-en-Provence5 et Marseille.

Par ailleurs, le fait de vouloir impulser – par le biais d’un grand événement culturel – une dynamique territoriale métropolitaine va également et finalement mobiliser la sphère artistique. En ce sens, certains acteurs culturels, comme le directeur de théâtres Dominique Bluzet6, plaident depuis longtemps en faveur d’une synergie culturelle métropolitaine qui s’incarnerait notamment dans une programmation artistique multisituée. Le fait de penser une programmation culturelle à l’échelle métropolitaine induit nécessairement une reconfiguration de l’aménagement territorial afin de faciliter, par exemple, les déplacements d’une structure culturelle à l’autre. Dès lors, et selon la sphère artistique, les politiques d’aménagement du territoire doivent indéniablement tenir compte des secteurs culturels et créatifs.

La transformation tangible du front de mer marseillais

À l’échelle du territoire marseillais, les mutations morphologiques et urbaines issues de l’organisation du grand événement MP 2013 sont particulièrement remarquables, à tel point que certains périodiques n’ont pas hésité à employer le terme très fort de « métamorphose » (Dedeban, 2013) pour qualifier une partie de l’hypercentre phocéen.

D’un point de vue géographique, c’est surtout le front de mer marseillais qui a fait l’objet des plus importantes transformations urbaines. Les quartiers de la Joliette et du Vieux-Port (respectivement dans les 2e et 1er arrondissements) sont à cet égard très représentatifs. Dans le cas du Vieux-Port, les travaux débutent en mars 2012 par le biais d’un grand projet de requalification urbaine confié à l’architecte paysagiste Michel Desvignes. Cette requalification urbaine repose notamment sur la création d’une vaste place piétonne (voir la figure 2) censée incarner une nouvelle « agora urbaine » en accueillant, entre autres, les publics des manifestations culturelles de l’année 2013.

Au sein du quartier de la Joliette, les transformations urbaines ont pris corps avec l’inauguration de plusieurs grands équipements structurants tels que le MuCEM, la Villa Méditerranée ou encore le musée Regards de Provence (voir la figure 3). La construction de telles infrastructures dédiées à la culture est finalement aussi rapide qu’impressionnante et permet de transformer l’image du territoire en rompant avec une longue période d’inertie en termes d’aménagement urbain. En effet, avant l’obtention du titre de CEC, ce quartier était en proie à un véritable phénomène de déshérence et d’abandon.

Figure 2. La place piétonne issue du projet de requalification urbaine du Vieux-Port en 2012

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Quai de la Fraternité – Vieux-Port (Marseille), 2019.

Reproduit de Vers une géographie de la créativité : impacts des lieux, des activités et des événements créatifs et culturels sur le développement de la région SUD – Provence-Alpes-Côte d’Azur, par M. Vignau, 2019, p. 446.

Figure 3. L’émergence d’une nouvelle centralité culturelle sur le front de mer marseillais

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La Joliette – Marseille, 2016.

Reproduit de Vers une géographie de la créativité : impacts des lieux, des activités et des événements créatifs et culturels sur le développement de la région SUD – Provence-Alpes-Côte d’Azur, par M. Vignau, 2019, p. 435.

Des contradictions urbaines toujours présentes

Toutefois, malgré des effets positifs indéniables en termes d’image, d’association d’acteurs et de requalification urbaine, la fabrique du territoire marseillais par le biais du grand événement MP 2013 reste lacunaire et témoigne de plusieurs contradictions urbaines.

La première d’entre elles repose sur le fait même de considérer la culture et la créativité comme des outils d’aménagement territorial originaux. En effet, le cas de MP 2013 démontre que les acteurs locaux espéraient avant tout que la ville de Marseille et, plus généralement, le territoire métropolitain se démarquent pour regagner un rang de grande métropole nationale. Or, pour ce faire, la stratégie défendue s’inscrit dans la continuité de ce que les chercheurs appellent la « ville événementielle » (Chaudoir, 2007) ou la « ville créative » (Landry & Bianchini, 1995 ; Landry, 2000 ; Vivant, 2009). Ces modèles urbains traduisent, entre autres, une certaine homogénéité des villes qui cherchent toutes désormais à obtenir un label ou à organiser un grand événement divertissant, dans le but d’être plus compétitives et attrayantes. De fait, à défaut d’être réellement originale et bien que présentée comme telle, la stratégie mise en œuvre à Marseille repose plutôt sur des techniques standardisées pouvant entraîner à terme une réelle perte d’identité du territoire au profit d’une uniformisation progressive du bâti et des pratiques urbaines. Par ailleurs, d’un point de vue strictement culturel, d’autres villes françaises semblent bien plus compétitives que Marseille7.

En outre, au-delà des limites propres à la stratégie déployée par les décideurs locaux dès le début des années 2000, l’événement MP 2013 a pu exacerber, notamment dans l’hypercentre marseillais, un certain nombre d’inégalités socio-spatiales délétères. En effet, la répartition des grandes manifestations ou expositions culturelles pendant toute la durée de l’événement a largement priorisé le centre urbain sans intégrer efficacement les quartiers périphériques, pourtant en proie à de nombreuses difficultés socio-économiques. De plus, l’inégale répartition géographique des manifestations a également pu être constatée dans la programmation culturelle officielle de l’événement. Pour plusieurs artistes marseillais8, les choix opérés de ce point de vue ont délibérément occulté toute une frange de la culture locale, à commencer par les arts urbains. Cet aspect soulève finalement une contradiction urbaine forte. En effet, si les secteurs du divertissement et de la culture sont souvent présentés comme des outils inclusifs permettant d’initier un aménagement territorial cohésif, dans les faits, on constate que l’inclusion supposée de tous les usagers reste très partielle. Dans le cadre de MP 2013, les transformations territoriales engagées pour accueillir les grandes manifestations culturelles ont pu exacerber cela en générant un certain nombre d’injustices spatiales, notamment pour les catégories sociales les plus précaires.

Apports

Les résultats présentés ici ont fait l’objet de plusieurs valorisations scientifiques, à savoir la présentation d’une communication lors du colloque intitulé « Contradiction urbaines. Le pérenne et le temporaire dans la fabrique urbaine. La place des grands événements sportifs et culturels contemporains », organisé par l’unité mixte de recherche Laboratoire architecture ville urbanisme environnement (LAVUE, 7218 CNRS), à l’école nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, les 6 et 7 février 2020. Les actes du colloque ont donné lieu à une publication d’ouvrage, dont l’étude synthétisée ici constituent l’un des chapitres.

Le principal apport de ce travail tient dans l’analyse des conséquences directes et indirectes d’un grand événement culturel sur l’aménagement et la transformation territoriale du périmètre qui l’accueille. En mettant en lumière les principales contradictions qui existent entre les discours et les ambitions d’acteurs locaux (notamment économiques et politiques) et la réalité des transformations territoriales découlant directement de l’organisation d’un grand événement culturel, cette étude permet de relativiser le poids réel de la culture dans l’aménagement du territoire.

Finalement, l’analyse présente – à travers une approche critique – les limites des secteurs du divertissement, et plus précisément de la culture. En effet, s’il reste selon nous fondamental de fabriquer ou de réhabiliter les villes en intégrant la culture au cœur des politiques territoriales, ce dernier ne peut résoudre tous les maux urbains, et l’aménagement doit nécessairement prioriser d’autres secteurs publics tels que l’éducation, la santé ou encore les transports.

Difficultés et pistes de réflexion

La première difficulté de ce travail repose sur le fait de se concentrer principalement sur un terrain d’étude unique, à savoir le périmètre Marseille-Provence et, plus précisément encore, l’hypercentre marseillais. En effet, pour être en mesure de généraliser les résultats obtenus grâce à cette analyse, il serait nécessaire de comparer le cas de Marseille avec d’autres villes françaises et/ou européennes. En outre, les résultats obtenus et traités dans ce travail sont basés, pour une grande partie d’entre eux, sur des discours d’acteurs qui constituent un matériau de recherche complexe et délicat à appréhender. En fonction des positionnements (politiques, idéologiques…) des acteurs interrogés, ces résultats peuvent sensiblement varier. Pour tenter de pallier ce biais, le croisement d’outils méthodologiques (initié dans cette étude) constitue une première solution.

De fait, il serait intéressant d’approfondir les résultats de cette analyse en amorçant une double comparaison territoriale et méthodologique. À ce titre, il serait pertinent de comparer la situation marseillaise avec celle d’autres territoires urbains comme la ville de Lille, CEC en 2006, ou encore les territoires urbains membres du réseau des villes créatives de l’UNESCO, par exemple. D’un point de vue méthodologique enfin, la comparaison des présents résultats pourrait se faire en interrogeant d’autres acteurs locaux afin de préciser les effets urbains du grand événement MP 2013 près d’une décennie après son organisation. Cette solution permettrait en outre de mesurer la pertinence de l’aménagement du territoire à travers le prisme de la culture à moyen et long terme.

1 En janvier 1985 naissent, à l’initiative de Jack Lang et de Mélina Mercouri, respectivement ministres de la Culture français et grecque, les « 

2 Voir à ce propos le Zoom recherche, intitulé Labellisation culturelle et marketing territorial : le cas de la Capitale européenne de la culture à

3 95 % du territoire MP 2013 n’existe plus aujourd’hui et reposait donc sur une logique éphémère corrélée à l’année de l’événement. Cependant

4 La ville de Marseille obtient officiellement le titre de CEC en septembre 2008, face à Lyon, Toulouse et Bordeaux. La création et l’émergence

5 Comme dit précédemment, bien qu’Aix-en-Provence ait été, dès le départ, associée à ce grand projet culturel, les élus aixois en tête desquels figure

6 Dominique Bluzet est l’actuel directeur de quatre structures théâtrales spécifiques localisées à Marseille et à Aix-en-Provence. Il s’agit

7 On peut par exemple penser à Lyon ou à Nantes, qui jouissent toutes deux d’une solide réputation et aura culturelles.

8 On pense ici à la scène RAP marseillaise, et notamment au groupe IAM ou à l’artiste alternative Keny Arkana.

CCI MP – Chambre du commerce et de l’industrie Marseille-Provence. (2005). Marseille-Provence dans le Top 20 des métropoles européennes ! Contact, le journal de la Chambre de commerce et d’industrie.

Chaudoir, P. (2007). La ville événementielle : temps de l’éphémère et espace festif. Géocarrefour, 82.

Dedeban, C. (2013). Marseille fait peau neuve. GÉO, 408, 64-94.

Donzel, A. (2014). Le nouvel esprit de Marseille. L’Harmattan.

Jeannier, F. (2006). La régénération des quartiers industriels sinistrés : le rôle des sociétés locales de développement à Glasgow. Géocarrefour, 81, 127-133.

Jeannier, F. (2018). Culture et régénération urbaine : le cas de Glasgow. Géoconfluences, dossier « De villes en métropoles ».

Landry, C. (2000). The Creative City : A Toolkit for Urban Innovators. Earthscan.

Landry, C., & Bianchini, F. (1995). The Creative City. Demos.

Maisetti, N. (2014). Opération culturelle et Pouvoirs urbains. Instrumentalisation économique de la culture et luttes autour de Marseille-Provence Capitale européenne de la culture 2013. L’Harmattan.

Morel, B. (1997). La nouvelle économie marseillaise et ses territoires. Méditerranée, 87(3-4), 21-26.

Vivant, E. (2009). Qu’est-ce que la ville créative ? Presses universitaires de France.

Vignau, M. (2019). Vers une géographie de la créativité : impacts des lieux, des activités et des événements créatifs et culturels sur le développement de la région SUD – Provence-Alpes-Côte d’Azur. [Thèse de doctorat, Aix-Marseille Université]. Tel.archives-ouvertes.fr

Vignau, M, (2022). Initier la fabrique des territoires par le biais d’un grand événement culturel. Effets et contradictions urbaines de Marseille-Provence 2013. Dans I. Iosa, E., Lallement & C. Rozenholc-Escobar (dir.), Le pérenne et le temporaire dans la fabrique urbaine. La place des grands événements sportifs et contemporains dans la ville. L’Harmattan.

Vignau, M., & Grésillon, B. (2020). Chapitre 9 - L’impossible gouvernance de la région métropolitaine Aix-Marseille : une réalité territoriale nuancée par la culture ? Dans C. Demazière, X. Desjardins & O. Sykes (dir.), La gouvernance des métropoles et des régions urbaines. Des réformes institutionnelles aux coopérations territoriales (p. 225-246). Puca.

1 En janvier 1985 naissent, à l’initiative de Jack Lang et de Mélina Mercouri, respectivement ministres de la Culture français et grecque, les « Villes européennes de la culture » que l’on appelle désormais « Capitales européennes de la culture ».

2 Voir à ce propos le Zoom recherche, intitulé Labellisation culturelle et marketing territorial : le cas de la Capitale européenne de la culture à Marseille, publié en septembre 2021 par le laboratoire ESPI2R.

3 95 % du territoire MP 2013 n’existe plus aujourd’hui et reposait donc sur une logique éphémère corrélée à l’année de l’événement. Cependant, certaines initiatives culturelles ont réellement pris corps dans ce territoire et font qu’il persiste encore aujourd’hui. Nous pouvons citer, par exemple, le parcours de grande randonnée GR13 qui sillonne une partie du périmètre MP 2013.

4 La ville de Marseille obtient officiellement le titre de CEC en septembre 2008, face à Lyon, Toulouse et Bordeaux. La création et l’émergence progressive du territoire Marseille-Provence se fera tout au long de la période 2007-2013. Avant d’atteindre son périmètre définitif (voir la figure 1) pour l’inauguration du grand événement culturel en janvier 2013. Tout au long de l’organisation de la manifestation, le territoire Marseille-Provence connaîtra une série de refus, de désistements ou de désaccords de la part de plusieurs communes bucco-rhodaniennes, à commencer par Aix-en-Provence qui laissera longtemps planer le doute sur sa participation officielle.

5 Comme dit précédemment, bien qu’Aix-en-Provence ait été, dès le départ, associée à ce grand projet culturel, les élus aixois en tête desquels figure la maire Maryse Joissains, menaceront à plusieurs reprises de quitter le périmètre et l’organisation de l’événement.

6 Dominique Bluzet est l’actuel directeur de quatre structures théâtrales spécifiques localisées à Marseille et à Aix-en-Provence. Il s’agit respectivement du Théâtre des Bernardines, du Théâtre du Gymnase, du Grand Théâtre de Provence ainsi que du Théâtre du Jeu de Paume.

7 On peut par exemple penser à Lyon ou à Nantes, qui jouissent toutes deux d’une solide réputation et aura culturelles.

8 On pense ici à la scène RAP marseillaise, et notamment au groupe IAM ou à l’artiste alternative Keny Arkana.

Figure 1. Marseille-Provence, la création ex nihilo d’un territoire politique comme support de l’événement culturel MP 2013

Figure 1. Marseille-Provence, la création ex nihilo d’un territoire politique comme support de l’événement culturel MP 2013

Reproduit de Vers une géographie de la créativité : impacts des lieux, des activités et des événements créatifs et culturels sur le développement de la région SUD – Provence-Alpes-Côte d’Azur, par M. Vignau, 2019, p. 351 et de « Initier la fabrique des territoires par le biais d’un grand événement culturel. Effets et contradictions urbaines de Marseille-Provence 2013 » par M. Vignau, dans Le pérenne et le temporaire dans la fabrique urbaine. La place des grands événements sportifs et contemporains dans la ville, 2022, © L’Harmattan.

Figure 2. La place piétonne issue du projet de requalification urbaine du Vieux-Port en 2012

Figure 2. La place piétonne issue du projet de requalification urbaine du Vieux-Port en 2012

Quai de la Fraternité – Vieux-Port (Marseille), 2019.

Reproduit de Vers une géographie de la créativité : impacts des lieux, des activités et des événements créatifs et culturels sur le développement de la région SUD – Provence-Alpes-Côte d’Azur, par M. Vignau, 2019, p. 446.

Figure 3. L’émergence d’une nouvelle centralité culturelle sur le front de mer marseillais

Figure 3. L’émergence d’une nouvelle centralité culturelle sur le front de mer marseillais

La Joliette – Marseille, 2016.

Reproduit de Vers une géographie de la créativité : impacts des lieux, des activités et des événements créatifs et culturels sur le développement de la région SUD – Provence-Alpes-Côte d’Azur, par M. Vignau, 2019, p. 435.

Mathilde Vignau

Enseignante-chercheuse, Groupe ESPI, laboratoire ESPI2R

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