Occupation de la vacance par des artistes dans le logement social

De l’accompagnement du renouvellement urbain à une stratégie de valorisation du patrimoine et des savoir-faire

Marie Kenza Bouhaddou

Citer cet article

Référence électronique

Bouhaddou, M.K. (2024). Occupation de la vacance par des artistes dans le logement social. Zoom recherche. Mis en ligne le 21 mars 2024, Cahiers ESPI2R, consulté le 18 juillet 2024. URL : https://www.cahiers-espi2r.fr/1414

Contexte de l’étude

Le contexte de cette étude s’inscrit dans une recherche exploratoire plus large sur la vacance dans le logement social rassemblant des enseignants chercheurs et enseignantes chercheuses en urbanisme et en droit du laboratoire ESPI2R (Sophie Buhnik, Fernanda Châtelard, Yasmina Dris, Jérôme Rollin, Yaneira Wilson et moi-même) ; ainsi que Florence Nussbaum, maitresse de conférences en géographie à Lyon 3. Cette recherche vise à comprendre, alors que le nombre de biens vacants augmente sans cesse, quelles sont les modalités de traitement, les rapports de force entre public et privé, les stratégies que les acteurs et actrices de l’aménagement mettent en œuvre et ce que ces stratégies produisent. En somme, elle cherche à appréhender comment les stratégies face à la vacance conduisent à des élargissements de compétences chez les tiers-acteurs et tiers-actrices (artistes, collectifs hybrides) et les bailleurs sociaux.

La vacance résidentielle désigne un bien qui n’est plus utilisé, ni comme résidence principale ni comme résidence secondaire. Les biens vacants peuvent être des biens de moindre qualité, vétustes ou souffrant d’une localisation peu attractive. Ils peuvent aussi être temporairement inoccupés, dans l’attente d’une occupation future après des travaux ou une succession ou encore laissés vacants sur décision du propriétaire.

Pour les organismes HLM, qui y voient une perte financière substantielle, la vacance résidentielle est un phénomène préoccupant, puisqu’elle est considérée comme un indicateur de la gestion et de performance. Il s’agit à la fois d’un phénomène structurel et conjoncturel. En effet, la vacance tient à la distribution du parc par secteurs, date de construction et typologie de logements d’une part, et d’autre part, elle est liée à des phénomènes exogènes comme la rénovation urbaine. En outre, la vacance peut être commerciale, dans le cas de logements potentiellement relouables ou technique, pour des logements qui nécessitent une remise en état. Dans le cadre de la rénovation urbaine, il s’agit d’une vacance technique. Cette dernière peut s’appliquer aux logements vacants comme aux terrains en friche après une démolition. Cette vacance technique coûte doublement puisque les logements non seulement ne rapportent plus de loyers, mais qu’il faut, pour les relouer, réaliser des travaux.

Dans le but de diminuer la perte sèche, de gérer les problématiques d’insécurité et d’améliorer l’image du quartier, les organismes HLM ont mis en œuvre une palette de stratégies de remédiation pour occuper les logements et les friches durant la vacance, et cela bien avant que la loi Elan ne vienne encadrer cette pratique. On peut citer comme exemple l’occupation par des artistes ou l’occupation temporaire.

Dans le même temps, des artistes en situation de précarité se mettent en recherche d’ateliers, proches des centres urbains, à des prix raisonnables. Ils ont une appétence pour les problématiques sociales et pour les territoires en renouvellement urbain et trouvent auprès des organismes HLM, de potentiels bailleurs pouvant leur donner accès aux grandes typologies de logements pour un prix modique.

L’arrivée des artistes dans un tel contexte donne lieu à des collaborations avec des architectes, des urbanistes et des aménageurs (Genyk, Macaire, 2019). Ces collaborations produisent de nouvelles professionnalités hybrides (Bouhaddou, Kullmann, 2017) chez les artistes, au sein des collectifs mais aussi chez les bailleurs sociaux. On constate que ces derniers s’impliquent à divers registres dans des projets artistiques ou culturels (par la mise à disposition de logement ou de foncier, le soutien financier, logistique ou matériel ou encore l’aide à la communication). Un nouveau cadre relationnel entre les professionnels de l’urbain, les collectivités et les artistes émerge ainsi que de nouveaux savoir-faire et pratiques : attentes, processus d’apprentissages, coopérations entre acteurs et actrices culturels et artistiques, et bailleurs sociaux (Bouhaddou, 2019).

Méthodologie

Cette étude s’appuie sur une enquête qualitative visant à produire des connaissances et une compréhension des pratiques actuelles des acteurs et actrices du logement social et des mondes de l’art en matière d’occupation de la vacance du patrimoine social, en contexte de renouvellement urbain.

Aussi, le recueil d’informations, d’expériences et de données se fait par le biais de deux méthodes : l’observation participante impliquée, et des entretiens semi-directifs approfondis avec les acteurs et actrices du logement social et des mondes de l’art (artistes et collectifs).

Une observation participante longue, embarquée et indisciplinée a été réalisée, d’abord chez le bailleur social lyonnais GrandLyon Habitat, durant près de deux années (entre 2010 et 2012). Au sein duquel j’étais responsable d’opération et chargée de la mise en œuvre d’une commande artistique publique (8e Art) dans le quartier des Etats-Unis, dans le 8e arrondissement de Lyon. J’ai rendu compte de cette participation par la tenue d’un journal de bord et d’un cahier d’étonnement, couplé à des comptes-rendus de réunions, de comités de pilotage en interne, auprès des artistes, des acteurs et actrices socio-culturels et politiques du territoire et de l’institution artistique (Direction régionale des affaires culturelles). L’observation participante donne lieu à une auto-ethnographie, justifiant l’emploi du « je » dans mes écrits scientifiques. À la fin de mon contrat, et après avoir opéré une analyse du point de vue des acteurs et actrices du logement social, j’ai dû développer une nouvelle stratégie d’observation impliquée, cette fois-ci du côté des mondes de l’art : artistes, acteurs et actrices socio-culturels. J’ai d’abord été participante à des projets artistiques portés par une MJC (maison des jeunes et de la culture) sur des ténements appartenant à GrandLyon Habitat, entre 2013 et 2016. Puis, en 2016 j’ai été recrutée comme médiatrice culturelle par la MJC Laënnec-Mermoz, une structure d’éducation culturelle populaire, en charge de mettre en œuvre un projet de ménagement de l’espace public à destination des habitants et habitantes du quartier (essentiellement des locataires du bailleur GrandLyon Habitat) et en partenariat avec le bailleur. J’ai occupé ce poste jusqu’en 2019. J’ai ensuite eu accès à mes terrains en devenant consultante en urbanisme participatif et sensible, essentiellement en Auvergne-Rhône-Alpes, j’ai alors pu élargir mon réseau de bailleurs, d’artistes et de collectifs hybrides.

Durant cette période, j’ai réalisé une série d’entretiens qui a forgé la base de ma connaissance des acteurs et actrices, des enjeux et jeux de pouvoir et d’affect à l’œuvre. Depuis novembre 2023, j’ai complété mon approche par une série de nouveaux entretiens semi-directifs approfondis, côté bailleurs, avec le chef de projet innovation sociale chez Lyon Métropole Habitat, et responsable du LAB, l’ancienne chargée d''innovation sociale d’Est Métropole Habitat et la responsable attributions et accompagnement social de l’OPAC du Rhône. Côté artistes et collectifs, j’ai réalisé deux entretiens approfondis avec un collectif hybride lyonnais JMRé1, composé d’architectes, artistes, graphistes et designers et designeuse travaillant dans le cadre d’opérations de renouvellement urbain, dont je fais moi-même partie et avec le collectif d’artistes vidéastes : le collectif Bis2.

Je regarde les choses de l’intérieur des organisations et des mondes, tout en « faisant comme » les acteurs et actrices. Tour à tour salariée du bailleur social, participante aux projets artistique, chercheure, collègue, mes savoirs et ma pratique sont créolisés (Glissant, 1996) et je suis souvent considérée comme une outsider, selon la définition d’Howard Becker (Becker, 1985).

Résultats

Les bailleurs sociaux confrontés à la vacance en contexte de renouvellement urbain, ressentent le besoin de valoriser leur patrimoine (bâti ou non) et ce de plusieurs manières : par des mises à disposition temporaires et progressives, à des artistes, des tiers-acteurs et tiers-actrices, à des acteurs et actrices culturels et socioculturels, dans une optique d’accompagnement des habitants et habitantes durant la rénovation urbaine ou par une stratégie d’occupation à travers un urbanisme transitoire.

L’occupation de logements inhabités par des artistes (et autres) ou la protection par occupation, permet aux organismes HLM d’externaliser les coûts de gestion et de lutte contre le squat et le déficit d’image mais aussi de « gouverner les illégalismes » (Aguilera, 2012) et, depuis quelques années, de véritablement tirer parti des occupations temporaires en adoptant une culture de l’ingénierie de l’occupation temporaire ou transitoire. En effet, l’occupation temporaire permet de mettre en place rapidement et de manière visible et réversible la transformation de l’espace. En outre, les espaces urbains vacants, en friche, en perte d’identité et de valeur ne sont pas des espaces exempts de pratiques sociales, au contraire, ils ont toujours accueilli des pratiques et des activités informelles. La terminologie d’urbanisme temporaire ou transitoire vise à penser l’agencement urbain suivant ces pratiques informelles, voire de faire la transition entre les fonctions d’avant des espaces ou du bâti vacant avec l’espace ou bâtiment d’après, avec une hybridation des relations in et off (Pinard et Vivant, 2017).

Les espaces et le bâti mis à disposition par les organismes HLM sont des logements vides. Par exemple un immeuble en attente de démolition ou de réhabilitation mais aussi des friches laissées libres après une démolition ; des espaces en transition ; des interstices urbains en attente de requalification, sur des durées plus ou moins importantes et avec une finalité temporaire ou transitoire, pour lesquels les bailleurs souhaitent expérimenter une préfiguration d’usages.

Si la nécessité d’occuper les espaces et le bâti vacants est facilement compréhensible et constitue pour les organismes un véritable sujet, leur implication dans le développement culturel ou artistique l’est, elle, un peu moins. Du fait de la complexité et de l’intrication des problématiques sociales et économiques dans les quartiers en renouvellement urbain, les bailleurs en tant que propriétaires majoritaires et historiques de ces quartiers, sont directement concernés par les initiatives locales et de fait impliqués, y compris financièrement.

Avec la loi Elan, promulguée en 2018, on assiste à une structuration et institutionnalisation de la manière de gérer les occupations temporaires, en témoignent l’émergence de nombreux projets et expérimentations en la matière. Qu’il s’agisse de l’association Caracol3, opératrice d’habitat intercalaire mixte et solidaire qui développe des actions culturelles et artistiques d’aller-vers, en pied d’immeuble, à destination de ses locataires pour animer les lieux et lutter contre le sentiment d’abandon et d’insécurité ; de Toit et Joie Poste Habitat4 et de sa direction de la culture qui proposent une trentaine de projets artistiques par an ; ou de LMHand co5 de Lyon Métropole Habitat, avec des actions transversales et la co-construction de tiers-lieux temporaires comme La Duchesse6 dans le 9e arrondissement à Lyon.

Le tournant néolibéral et le basculement vers une privatisation de la ville marquent l’action publique et se manifestent aussi chez les bailleurs sociaux, qui renforcent non seulement leurs logiques gestionnaires (Demoulin, 2014), mais les poussent aussi à dépasser le champ du développement local ou social pour investir celui du développement culturel, ce qui a pour effet de transformer les pratiques professionnelles et d’investir l’ingénierie de l’urbanisme transitoire.

La transformation des quartiers menée par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine se traduit depuis la fin des années 2000, par une association entre le renouvellement urbain et des actions artistiques et culturelles et la présence d’artistes sur le territoire7. Aussi est-il légitime de se demander ce que le recours aux artistes et à l’art pour les bailleurs sociaux recouvre. Il n’est ainsi pas rare de voir des GPV (grands projets de ville) ou les missions territoriales se doter d’un volet culturel ou soutenir des actions et occupations à coloration culturelle et artistique. C’est le cas du GPV de la Duchère, dans le 9e arrondissement de Lyon, entre 2003 et 2017, qui par le biais d’actions et occupations artistiques de logements vacants a accompagné les transformations urbaines. Le GPV de Vaulx-en-Velin a quant à lui soutenu plusieurs occupations artistiques et culturelles, comme l’installation du collectif Les Pourquoi Pas ?!8 en 2015, dans un local appartenant à un bailleur social ; ou la création d’une roseraie participative Eau de Rose9 en 2017 ; ou encore la Mission Entrée Est, qui a contribué au développement du projet « Prenez Racines ! »10 de Thierry Boutonnier dans le 8e arrondissement de Lyon.

La présence d’artistes dans les quartiers en transformation urbaine est en grande partie liée au succès des thèses de la ville créative (Florida, 2002) qui défendent l’idée que l’installation de créatifs (artistes notamment) sur un territoire permet d’impulser une dynamique de gentrification, car ils sont capables de créer un capital social et culturel dans les lieux qu’ils habitent et dans lesquels ils travaillent (Zukin, 1982). Comme l’a analysé Clotilde Kullmann, les aménageurs déploient des stratégies de marketing urbain et s’appuient sur les artistes pour changer l’image des quartiers, à moindre frais tout en donnant à voir une transformation qui s’amorce (Kullmann, 2017). Les bailleurs sociaux n’échappent pas à la règle, en témoigne le succès de Tour 1311 en 2014, un projet de musée éphémère du street-art dans un immeuble d’ICF Habitat à Paris destiné à la démolition, car « la rénovation urbaine c’est de l’art »12. Par ailleurs le recours aux artistes et à l’art permet aux bailleurs d’une part, de se démarquer de leurs concurrents dans un contexte de forte compétitivité (Bouhaddou, 2019) et d’autre part, de renforcer leur visibilité en valorisant leurs capacités d’innovation.

Les artistes sont pour les organismes « un vivier de ressources humaines gratuites pour le bailleur social » (Dalis, 2022) car en plus du règlement de leur loyer, ils et elles participent à diverses actions pas toujours comptabilisées ni rémunérées comme la communication, la participation aux évènements et temps forts du quartier ou la médiation avec la médiation13, dans une logique d’eventification (Jakob, 2013). Une situation qui accentue la précarité des artistes, déjà mis à mal par des baux courts et des contrats précaires mais qui apportent aux bailleurs une flexibilité et leur permettent d’évacuer rapidement les occupants, en cas de besoin.

En outre, les missions confiées aux artistes « pompiers » dépassent bien souvent leurs compétences et leurs ressources. Comme lorsqu’on leur demande d’accompagner les habitants et les habitantes pour se réapproprier (d’une manière acceptable il va sans dire) leur quartier durant le chantier et d’accueillir les futurs résidents et résidentes alors même que leur présence est annonciatrice d’une gentrification qui évacuera les classes populaires toujours plus loin. Les artistes passeurs et passeuses, et les médiateurs et médiatrices, sont là pour apaiser les tensions sociales, sécuriser le quartier, prévenir les dégradations, contribuer aux bilans de mandats, soigner le marketing territorial et faire participer à moindres frais, car « l’artiste répond là où les autres échouent » (Ferren, 2019).

Apports

Cette étude permet de comprendre que les bailleurs sont aussi des prescripteurs d’art, opérateurs culturels et porteurs d’innovation.

Les bailleurs sociaux ne sont pas seulement les « logeurs des pauvres » (Bonnet, 2016), ce sont des acteurs et actrices à part entière de l’aménagement dont les missions sont bien plus vastes que le logement et l’aménagement urbain. Elles comprennent la qualité du cadre de vie, la tranquillité sociale, la réduction des inégalités sociales et des discriminations, la recherche de la mixité, l’inclusion, l’éducation mais aussi et l’accès à la culture. Les domaines d’intervention du logement embrassent la gestion des espaces verts, l’aide à la personne, le projet urbain et architectural durable, le conseil aux communes, mais aussi des interventions socio-culturelles et artistiques. Les organismes HLM sont des acteurs avec qui il faut désormais compter en matière d’art et de culture (Bouhaddou, 2019).

On assiste à un changement de paradigme, avec un passage de l’art comme outil de médiation de la rénovation urbaine vis-à-vis des habitants et habitantes à un outil de valorisation du patrimoine et du foncier, des savoir-faire et des pratiques des bailleurs. L’ingénierie de l’urbanisme transitoire trouve désormais sa place chez les organismes de logement social métropolitains pour mieux s’aligner sur des pratiques d’aménagement héritées de la privatisation de la ville. L’art et les artistes, moteurs de transformations sociales, économiques et politique, soutiennent une économie culturelle. Mis au service du logement social, ils assurent un travail de communication, de normalisation de l’image du logement social (pour répondre à l’objectif à peine voilé de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine), de promotion mais aussi de diversification des pratiques et des stratégies patrimoniales face à la gestion de la vacance.

L’introduction d’artistes et d’approches sensibles dans un monde technique et descendant offre des manières d’aborder la complexité de la rénovation urbaine en faisant un pas de côté. L’occupation temporaire et transitoire du patrimoine social permet l’élargissement du champ d’action des bailleurs, ainsi que l’expérimentation et la co-construction de projets, souvent nourries par une dimension réflexive importante à travers la recherche-action. S’ils ouvrent leurs champs d’action pour devenir plus résilients dans un contexte économique difficile, ils n’en deviennent pas pour autant des « entrepreneur[.ses] de méthodes » (Arab, Vivant, 2018). Comme je le montre, les bailleurs sociaux ne tirent pas toujours parti de la coopération avec des artistes, au contraire, en cas de difficultés, ils se rétractent voire disparaissent (Bouhaddou, 2019). En outre, leur ouverture sur l’art et leurs relations avec les artistes sont souvent teintées de paternalisme voire de cynisme, quand cela ne cache pas une instrumentalisation dans une visée communicationnelle vis-à-vis des autres bailleurs, des collectivités, des habitants et habitantes, ou des autres acteurs et actrices de la ville.

Limites et pistes de réflexion

Pour les artistes, si le logement-atelier ou le travail avec les résidents et les résidentes des ensembles de logement social constituent une opportunité financière mais aussi sociale d’agir en situation, il n’en reste pas moins que les bailleurs sociaux leur demandent de travailler souvent bien au-delà de leurs champs de compétences, de leurs possibilités et abusent de leur temps, les prenant pour des médiateurs, médiatrices ; ou des pacificateurs, pacificatrices. Les artistes font ce qui ne peut être fait ou n’est plus fait par d’autres (organismes HLM, collectivités voire acteurs ou actrices socio-culturels).

En outre, les bailleurs sociaux, dans leurs collaborations et relations avec des artistes font montre d’une grande méconnaissance du travail artistique, de ses potentialités et spécificités. De plus, ils ignorent aussi souvent le maillage socio-culturel local, ce qui accentue davantage le rôle de pionniers qu’ils font jouer aux artistes, avec des missions qui les dépassent.

Les organismes éprouvent des difficultés à sortir de leurs ornières et à valoriser le travail fait avec les artistes, vis-à-vis de leurs pairs, mais aussi vis-à-vis des locataires et de l’institution artistique. Pris dans des jeux de légitimité, à la moindre difficulté, ils se rétractent et reviennent à leurs savoir-faire premiers.

1 https://collectifjmre.com

2 https://collectifbis.fr/

3 https://caracol-colocation.fr/

4 https://www.mon-compte.toitetjoie.com/

5 https://lmhandco.lmhabitat.fr/

6 https://mafricheurbaine.fr/duchere

7 L’étude de l’Union sociale pour l’habitat « Valorisation des initiatives culturelles dans les ensembles HLM » de 2013 montre que de nombreux

8 https://www.collectifpourquoipas.fr/

9 http://www.domestication.eu/ecosystemes/eau-de-rose/

10 http://www.domestication.eu/realisation/prenez-racines/

11 https://tour13.art/

12 Valérie Souchet, responsable du centre de documentation et photothèque de l’Union sociale pour l’habitat https://www.union-habitat.org/

13 En 2023, le collectif Bis, alors qu’il réalisait un film retraçant le processus d’un dispositif participatif commandité par GrandLyon Habitat dans

Aguilera, T. (2012). Gouverner les illégalismes. Les politiques urbaines face aux squats à Paris. Gouvernement et action publique 2012/3 (VOL. 1), p. 101-124.

Arab, N., Vivant, E. (2018). L'innovation de méthodes en urbanisme : freins et leviers d'une entreprise incertaine. Les Cahiers de la recherche architecturale, urbaine et paysagère, https://shs.hal.science/halshs-01701766 consulté le 2 janvier 2024.

Becker, H.-S. (1997), Outsiders. Studies in Sociology of Deviance. Simon and Schuster, p. 213.

Bonnet, L. (2016), Métamorphoses du logement social. Habitat et citoyenneté. Presses universitaires de Rennes, p. 357.

Bouhaddou, M.-K. (2019), Logement social et nouvelles pratiques artistiques, thèse de doctorat en urbanisme et aménagement, sous la direction d’Hélène Hatzfeld, soutenue le 25 novembre 2019 à Paris Nanterre.

Bouhaddou, M.-K., Kullmann C. (2017). In-between new figures of art and urban transformation projects. A French perspective. Articulo Journal of Research 15/2017.

Dalis, S. (2022). L’urbanisme temporaire, nouvelle stratégie de renouvellement urbain ? L’utilisation de logements temporaires dans la réhabilitation de la Balfron tower, Londres. Espaces et sociétés 2022/1-2 (n° 184-185), p. 219-238.

Demoulin, J. (2014). Du locataire au client, tournant néolibéral et participation dans la gestion des HLM. Participations 2014/3 (n° 10), p. 13-37.

Ferren, P. (2019). Démarche artistique et renouvellement urbain : un mariage de raison(s) ? Les Cahiers du Développement Social Urbain 2019/1 (n° 69), p. 24-26.

Florida, R. (2002). The rise of the creative class And How It's Transforming Work, Leisure, Community And Everyday Life. Basic books, p. 416.

Genyk, I., Macaire, E. (2017). Collectifs d’artistes et renouvellement urbain. Tensions autour du rôle du travail artistique dans le projet urbain. In Situ revue des patrimoines n° 32. https://doi.org/10.4000/insitu.15339

Glissant, E. (1997). Poétique, II : L'Intention poétique. Gallimard, p. 193.

Jakob, D. (2013). The eventification of place: Urban development and experience consumption in Berlin and New York City. European Urban and Regional Studies October 2013 vol. 20, n° 4, p. 447-459.

Kullmann, C. (2017). La valorisation du projet urbain par la dimension artistique : quelles perspectives ? [thèse de Doctorat en géographie, sous la direction d’Edith Fagnoni, Paris 1].

Pinard, J., Vivant, E. (2017). La mise en évènement de l’occupation temporaire : quand les lieux artistiques off inspirent les opérateurs in de la production urbaine. L'Observatoire 2017/2 (N° 50), p. 29-32.

Zukin, S. (1982). Loft Living: Culture and Capital in Urban Change. The John Hopkins University Press, p. 264.

1 https://collectifjmre.com

2 https://collectifbis.fr/

3 https://caracol-colocation.fr/

4 https://www.mon-compte.toitetjoie.com/

5 https://lmhandco.lmhabitat.fr/

6 https://mafricheurbaine.fr/duchere

7 L’étude de l’Union sociale pour l’habitat « Valorisation des initiatives culturelles dans les ensembles HLM » de 2013 montre que de nombreux bailleurs s’impliquent dans des projets culturels et artistiques et auprès d’artistes dans une visée d’amélioration du cadre de vie, de renouvellement de la participation citoyenne et de facilitation de la période de transformation urbaine. https://www.union-habitat.org/centre-de-ressources/politique-de-la-ville-urbanisme/valorisation-des-initiatives-culturelles-dans

8 https://www.collectifpourquoipas.fr/

9 http://www.domestication.eu/ecosystemes/eau-de-rose/

10 http://www.domestication.eu/realisation/prenez-racines/

11 https://tour13.art/

12 Valérie Souchet, responsable du centre de documentation et photothèque de l’Union sociale pour l’habitat https://www.union-habitat.org/centre-de-ressources/habitants-politiques-sociales/tour-paris-13-l-art-urbain-s-empare-du-logement

13 En 2023, le collectif Bis, alors qu’il réalisait un film retraçant le processus d’un dispositif participatif commandité par GrandLyon Habitat dans le 8e arrondissement de Lyon (8e cèdre), a dû, à la demande de l’organisme, reprendre son travail pour faire la promotion du bailleur en matière d’amélioration du cadre de vie.

Marie Kenza Bouhaddou

Enseignante-chercheuse, département Urbanisme, laboratoire ESPI2R

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