Les maisons connectées

Alex Hamard

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Référence électronique

Hamard, A. (2023). Les maisons connectées. Repère biblio. Mis en ligne le 15 juin 2023, Cahiers ESPI2R, consulté le 18 juin 2024. URL : https://www.cahiers-espi2r.fr/1174

Les essentiels

Les maisons connectées, dites aussi « maisons intelligentes », sont des habitations équipées de systèmes connectés et automatisés.

Les maisons connectées offrent de nombreux avantages, tels que la commodité, le confort et la sécurité. Les occupants peuvent contrôler les différents systèmes de leur maison à distance via un smartphone, une tablette ou un ordinateur et recevoir des alertes en temps réel en cas d’urgence. Les systèmes connectés peuvent également les aider les à économiser de l’énergie et à réduire ainsi leur facture d’électricité.

Cependant, les maisons connectées présentent des inconvénients, comme la complexité de l’installation et des coûts élevés. Les habitants doivent aussi prendre des mesures de sécurité pour protéger leur maison contre les pirates informatiques. Malgré cela, les maisons connectées sont de plus en plus populaires, alors que les technologies continuent de s’améliorer et de se développer.

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Les objets du quotidien

La maison est un lieu de vie, qui doit répondre à un certain confort. Les objets connectés du quotidien y sont de plus en plus présents, avec l’essor de la technologie et de l’Internet des objets. Certains comprennent des systèmes de sécurité connectés, des thermostats programmables, des appareils ménagers intelligents, des « gadgets » tels que les ampoules connectées, les volets roulants connectés, les serrures connectées, les caméras de surveillance connectées, les assistants vocaux. Les objets connectés dans une maison peuvent en améliorer la sécurité, la commodité et le confort, tout en offrant des avantages de contrôle à distance et en temps réel via une application mobile ou une plateforme en ligne.

La majorité des technologies présentes dans les habitations est représentée par des appareils électroménagers. Ces derniers, principalement alimentés par l’électricité, sont utilisés afin de soulager les habitants de certaines tâches ménagères quotidiennes comme la préparation et la conservation des aliments, la lessive, le nettoyage, etc. : réfrigérateurs, lave-linges, sèche-linges, lave-vaisselles, fours, plaques de cuisson, aspirateurs, climatiseurs, chauffe-eaux, micro-ondes et autocuiseurs… Ces appareils électroménagers sont de plus en plus innovants, souvent conçus pour être économes en énergie et respectueux de l’environnement, tout en offrant des fonctionnalités avancées pour une facilité d’utilisation et une efficacité accrue.

Un autre type d’appareils connectés concerne le multimédia. Ainsi, les télévisions, les téléphones, tablettes, enceintes, HI-FI, etc., peuvent être reliés à la maison. Grâce à son smartphone, un habitant peut ainsi contrôler à distance ses volets roulants, son chauffage, la vidéosurveillance…

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« Avec l’évolution constante des technologies, les frontières homme/objets se brouillent et donnent naissance à une forme de créativité relationnelle. Cet article questionne les changements opérés par l’arrivée des objets communicants dans la sphère privée et leurs incidences sur le mieux-vivre. Il a pour ambition de formaliser des réflexions sur les objets communicants et les pratiques qui en découlent. Nous débuterons notre réflexion par une photographie actuelle des objets communicants évoluant dans la sphère privée. Nous établirons ensuite, une classification des formes relationnelles générées au sein de l’habitat. Nous terminerons avec un parallèle entre ces formes relationnelles et les perspectives d’un mieux-vivre » (résumé de l’article par les auteurs).

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Les projets d’habitats connectés

Grace à l’intelligence artificielle, il sera – et est déjà – possible de contrôler nos habitats dans leur ensemble grâce aux assistants connectés, disponibles depuis nos smartphones ou d’autres produits. Des scénarios sont désormais programmables, c’est-à-dire des actions pré-enregistrées dès l’entrée dans la maison (déverrouiller la porte d’entrée, allumer les lumières…). Nous pouvons ainsi parler d’habitations autonomes et non plus d’habitations connectées.

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« La domotique est l’ensemble des objets connectés qui rendent la maison elle-même connectée. On parle même parfois de maison intelligente, les différents objets connectés permettant à la maison de réagir automatiquement en fonction d’événements (allumer/éteindre la lumière à distance lors d’une absence imprévue...).
Dans le cadre de notre projet de fin d’étude en Mécatronique, nous avons choisi de travailler sur la création d’un système domotique.
L’objectif est de créer ce système à l’aide d’Arduino une production low-cost, reproductible chez soi et modifiable à souhait, tout ça avec un budget convenable.
Ce projet ce découpe en deux parties faisant appel à nos compétences en informatique et en électronique. La première se focalise sur la construction d’une maquette avec les modules utilisés (capteur...) et la deuxième sur la création et l’implémentation du système et le rendre commandable via un ordinateur » (extrait du résumé du mémoire par l’auteur).

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Les avantages et inconvénients/réticences à la maison connectée

Les avantages/bénéfices

Les bénéfices d’habiter dans une maison connectée sont assez nombreux. Voici quelques critiques positives des utilisateurs qui reviennent régulièrement :

  • confort : une maison connectée permet de contrôler les appareils à distance, ce qui offre un niveau de confort supérieur ;

  • sécurité : grâce à des caméras de sécurité connectées, des détecteurs de mouvements, entre autres, les habitants peuvent surveiller leur maison à distance et être alertés en cas d’intrusion. Cela fonctionne également pour les incidents ménagers, avec le détecteur de fumée, par exemple, pour éviter les départs d’incendie ;

  • économies d’énergie : et grâce à l’automatisation des lumières et du chauffage, notamment ;

  • surveillance : une maison connectée peut offrir une surveillance continue, permettant aux habitants de suivre les activités à domicile même lorsqu’ils sont absents. Cela rejoint la thématique de la sécurité ;

  • contrôle : les habitants peuvent contrôler leur environnement à distance, en ajustant la température, l’éclairage, et d’autres paramètres selon leurs besoins ;

  • facilité d’utilisation : grâce à des applications simples et intuitives, une maison connectée peut être facilement gérée et configurée par les habitants ;

  • amélioration de la qualité de vie : en réduisant le stress par la surveillance et le contrôle, une maison connectée peut améliorer la qualité de vie des habitants et éviter l’exécution de tâches fastidieuses. Elle peut également agir sur la santé en offrant la possibilité de traiter la qualité de l’air, de l’eau et de pouvoir gérer les chaleurs ;

  • accessibilité : les personnes âgées, les personnes présentant un handicap ou les personnes à mobilité réduite peuvent se sentir plus autonomes en gardant leur indépendance et bénéficier d’un confort accru.

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« Opérateur connu de téléphonie mobile ou fixe, SFR est aussi un opérateur de services Internet et de nouvelles technologies. Comptant un Français sur deux client de l’entreprise, cette dernière se doit de décrypter les nouvelles technologies, d’en faciliter les usages et de les rendre accessibles au plus grand nombre (technophiles ou non, individus en bonne santé ou fragilisés, jeunes ou moins jeunes, etc.) et ce, dans tous les domaines, y compris celui de la santé. Présente sur les différents marchés, Grand Public, Pro et TPE, PME et Grandes Entreprises, Institutionnels et Collectivités, l’entreprise cherche constamment à apporter à chacun de ses clients des solutions adaptées » (résumé de l’article par les auteurs).

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Les inconvénients/réticences

Les maisons connectées peuvent également présenter des risques pour la sécurité, notamment d’incendie, d’électrocution et de choc électrique si les outils sont mal utilisés ou mal entretenus. La peur de l’espionnage est aussi réelle. Intégrer des appareils connectés qui peuvent avoir accès à nos habitudes de vie peut être vu comme une intrusion et/ou de l’espionnage. Qui n’a jamais reçu des annonces en lien avec une récente recherche Internet ? Cette barrière entre vie privée et vie publique saura-t-elle être brisée par les acteurs de l’industrie des appareils connectés ? Si oui, jusqu’où iront-ils pour s’insinuer chez nous et quels avantages proposeront-ils pour acheter une partie de notre espace personnel ? Est-ce la porte ouverte aux panneaux de Wall Street dans notre salon ?

Voici quelques exemples concrets de certaines réticences des habitants :

  • risque de piratage : les maisons connectées sont souvent vulnérables aux cyberattaques ;

  • coût élevé : elles nécessitent des investissements en équipement et en technologie qui peuvent être onéreux ;

  • dépendance technologique : les habitants peuvent s’habituer à l’automatisation offerte par une maison connectée, les rendant ainsi dépendants de la technologie et incapables de faire face à des situations imprévues ;

  • problèmes de confidentialité : les habitudes et les mouvements des occupants de la maison peuvent être surveillés et partagés avec des tiers, ce qui peut être considéré comme une violation de la vie privée ;

  • complications de la maintenance : les maisons connectées peuvent être plus compliquées à entretenir et à réparer en raison de la technologie utilisée ;

  • difficultés d’utilisation : il peut exister une certain difficulté d’appréhension, de compréhension de la technologie.

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Alex Hamard

Enseignant-chercheur, département Gestion, laboratoire ESPI2R

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