À Budapest, les autorités locales font face à un défi complexe. La location saisonnière, d’abord marginale, transforme désormais en profondeur le marché immobilier. Non seulement les prix augmentent, mais les usages du logement changent, les équilibres sociaux se fragilisent, les centres-villes se vident. Ce n’est plus seulement un phénomène économique : c’est un glissement structurel.
Les plateformes numériques, en quelques années, ont redessiné les frontières entre logement et hébergement. Leur logique rapide, flexible, internationale, entre souvent en tension avec les outils de régulation urbaine, plus lents, plus fragmentés, souvent limités par l’échelle municipale. Les politiques publiques, à Budapest, peinent encore à suivre ce rythme. Elles se construisent par ajustements successifs, rarement par anticipation.
Dans ce contexte, réguler devient urgent. Il ne s’agit pas seulement de répondre à une pression touristique, mais de maintenir une ville vivable, où l’habitat reste accessible, où la diversité sociale perdure. Préserver la fonction résidentielle, contenir la spéculation, garantir un équilibre entre rentabilité économique et stabilité urbaine : tels sont les enjeux.
Cette troisième partie propose d’examiner la réponse institutionnelle. Elle s’ouvre sur les mesures locales déjà mises en place, puis s’attarde sur les blocages politiques, parfois discrets, mais décisifs, qui freinent toute tentative de réforme ambitieuse. Enfin, en élargissant l’angle, une comparaison est menée avec les régulations expérimentées à Paris et à Rome, où des logiques différentes produisent des effets contrastés. À travers cette mise en perspective, il devient possible de penser autrement les leviers d’action, les marges de manœuvre, et les futurs possibles pour Budapest.
