Dans cette deuxième partie, mon attention se porte sur les transformations profondes et structurelles que connaît aujourd’hui le marché immobilier budapestois, sous l’effet de l’essor rapide de la location saisonnière. Ce phénomène, d’abord perçu comme marginal et opportun, s’est imposé en l’espace de quelques années comme un moteur puissant de recomposition urbaine. Par l’intermédiaire des plateformes numériques comme Airbnb, le logement change de nature : il cesse d’être un lieu d’habitation durable pour devenir un support de valorisation économique, un actif à optimiser.
Cette mutation n’est pas neutre. Elle modifie en profondeur les modalités d’accès au logement, redéfinit les usages de l’espace urbain, et impose de nouveaux enjeux de régulation publique. À Budapest, ces effets sont d’autant plus visibles que la ville conjugue une attractivité touristique croissante, une fiscalité avantageuse, une régulation encore lacunaire et un marché immobilier historiquement fragilisé par les héritages postsocialistes.
L’objectif de cette section est d’examiner les conséquences concrètes de cette transformation. Quelles en sont les répercussions sur les prix de l’immobilier ? Comment se traduit-elle dans l’offre locative traditionnelle ? Quels types de tensions sociales en découlent ?
Budapest sera mobilisée ici comme terrain central d’analyse, dans une perspective à la fois territoriale et socioéconomique. Des comparaisons ponctuelles avec Paris et Rome permettront de resituer cette dynamique locale dans un cadre européen plus large, en mettant en lumière des inflexions communes mais aussi des différences marquées, liées aux trajectoires historiques et aux dispositifs réglementaires spécifiques à chaque capitale.
Longtemps perçue comme un phénomène discret, presque imperceptible dans le quotidien urbain, la montée des locations saisonnières à Budapest marque peu à peu de son empreinte tant le paysage de la ville que certaines dynamiques sociales et économiques. Ce type de location, facilité par les plateformes numériques, s’est inséré progressivement dans le tissu résidentiel, reconfigurant les usages de l’habitat et les logiques d’occupation. Dans le cadre de cette étude, il paraît pertinent d’interroger les effets que cette évolution pourrait avoir eus sur le marché immobilier local, en particulier en ce qui concerne les prix et la disponibilité des logements à long terme. Sans prétendre trancher sur les causes ou les responsabilités, il s’agit ici d’observer comment un usage émergent du logement a pu contribuer à modifier certains équilibres au sein de la ville.
