Contexte
La région étudiée est située au Liban-Sud, entre 300 et 700 mètres d’altitude. Sa capitale est la ville de Jezzine, sise à 40 km de Saïda et à 80 km de Beyrouth. En 2005, l’Union des municipalités de Jezzine (UMJ) est créée ; elle couvre une superficie de 130 millions de m² et regroupe 45 villages comportant 33 municipalités. La région dispose d’un riche patrimoine naturel, historique, culturel et gastronomique. Elle fait l’objet, depuis 2012, d’un plan stratégique de développement établi par l’UMJ et la société MORES pour mettre en valeur différents secteurs : écotourisme, tourisme culturel, infrastructures et un parc naturel régional (PNR).
Établir un PNR dans la région de Jezzine relève de la volonté des acteurs locaux d’assurer un développement social et économique, tout en préservant le patrimoine culturel et naturel, dans un contexte d’attraction touristique.
Les PNR sont d’excellents outils d’aménagement, de gestion et de planification d’une région. Ils peuvent inclure une ou plusieurs catégories d’aires protégées ou des zones pouvant le devenir. On distingue trois types de zones de protection :
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la zone de conservation, qui est très importante en raison de sa riche biodiversité et de ses habitats naturels caractéristiques. Ce secteur doit être protégé de toute activité pouvant avoir des impacts nocifs sur l’intégrité écologique et les attributs naturels ;
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la zone de gestion contrôlée, qui constitue un espace où sont autorisées l’exploitation intelligente des ressources naturelles et des activités humaines traditionnelles compatibles avec l’environnement, sans compromettre les objectifs de protection du PNR et sans lui porter atteinte. Les activités peuvent être par exemple : écotourisme, production de miel et pratique d’une agriculture biologique, sous réserve de la réalisation d’une étude d’impact environnemental lorsque le ministère de l’Environnement l’estime nécessaire ;
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la zone de développement durable, qui correspond à une zone habitée et/ou comprenant des villages où les activités de développement sont compatibles avec la protection de l’environnement, conformément à la charte du PNR.
L’étude de faisabilité et d’opportunité pour la création d’un PNR prend en considération aussi bien les attentes des acteurs vis-à-vis de ce projet que les retombées et les impacts sur le développement durable local. Elle tient aussi compte des enjeux et des obstacles sociaux, économiques, et politiques de la région concernant les missions liées au PNR. Le PNR ne considère donc pas uniquement les problématiques d’environnement ; il est aussi question de protection territoriale dans le cadre d’une gestion régionale. Ces enjeux, nombreux, comprennent notamment : la garantie d’une bonne qualité de vie économique et sanitaire, la diminution des risques environnementaux et la valorisation du patrimoine culturel et naturel. La difficulté majeure est la création d’une acceptation sociale et participative autour de ces enjeux pour en faire de véritables lignes d’action directrices et pouvoir ainsi établir concrètement un PNR.
Problématique générale et cadrage méthodologique
Ces éléments de contexte nous invitent à analyser la problématique générale suivante : est-il possible d’installer un PNR au Liban, plus particulièrement dans la région de Jezzine, avec la participation de l’UMJ et l’engagement des habitants, en vue de protéger et valoriser le patrimoine naturel, culturel et humain de la région ?
Afin de répondre à notre problématique, nous avons élaboré une méthodologie quantitative et qualitative. Elle fait appel à divers moyens d’observation et d’analyse, qui permettent d’aboutir à une réflexion globale concernant le développement de la région de Jezzine à partir de la mise en œuvre du PNR et son aménagement par les autorités locales :
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comprendre ce que représente un PNR avec ses valeurs additives pour une région et pour ses habitants ;
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délimiter le périmètre d’installation du PNR dans la région de Jezzine, et justifier les limites à partir des décrets législatifs ;
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établir un inventaire des richesses naturelles du périmètre concerné (faune, flore, sources, rivières, agriculture, patrimoine fossile, archéologique, historique et bâti, dynamique urbaine) ;
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organiser des entretiens avec des décideurs, acteurs et habitants de la région concernant leur participation active dans la mise en place du projet ; envisager des rencontres avec des visiteurs locaux et des touristes en vue d’analyser leurs perceptions quant au projet d’implantation d’un PNR et évaluer leurs réactions.
Première phase : recherche documentaire pour mieux connaître la région de Jezzine
Ainsi, cette étude a d’abord commencé par une recherche documentaire, bibliographique, sitographique où l’analyse et l’exploitation des sources documentaires ont constitué une première étape fondamentale dans l’élaboration de ce travail. Cette étape a notamment permis une compilation de la littérature locale puisée dans des livres, des journaux, et des sites web appartenant à l’UMJ. Nous avons pu ainsi avoir accès à des projets réalisés ou en voie de réalisation dans la région. Grâce à cette littérature locale, nous comprenons mieux le statut et l’importance de la région à l’échelle du pays ainsi que les enjeux et les problèmes de gestion qui se posent à la Municipalité. Ce premier travail est complété par des entretiens réalisés avec plusieurs acteurs. Ils ont pour objectif d’amener les personnes interrogées à réfléchir aux actions à entreprendre en vue d’améliorer le développement dans la région.
Seconde phase : saisir les enjeux de l’installation d’un PNR dans la région de Jezzine
La seconde phase de la thèse a porté sur la recherche d’ouvrages, articles, et colloques traitant directement et indirectement de l’installation d’un PNR dans la région de Jezzine. Nous avons abordé la littérature scientifique et conceptuelle, qui est l’un des principaux supports de travail, car elle constitue une base théorique pour l’analyse des observations et des débats sur le terrain. Enfin, nous avons mené une recherche de documents cartographiques, avec un accès particulier aux photographies aériennes et aux cartes consignées dans le cadre des projets déjà réalisés.
Les entretiens avec les décideurs de la région de Jezzine
À la suite de cette recherche documentaire, plusieurs entretiens avec les acteurs, décideurs, experts et investisseurs sont de nouveau menés. Ces entretiens ne visent pas seulement à « décrypter un système social de l’intérieur », mais à comprendre également « ce que c’est qu’être un acteur de terrain » (Soulé, 2007, p. 134). Donc toute implémentation d’un PNR dans une région donnée nécessite la consultation auprès des acteurs pour mieux appréhender leurs attentes et leurs besoins en matière de développement local et d’aménagement du territoire. Ces échanges sont aussi fondamentaux pour les informer des étapes indispensables à la mise en place d’un PNR ainsi que pour sonder leurs opinions quant au projet et de voir dans quelle mesure ils participeraient à sa réalisation.
Déjà, avant de procéder à ces entretiens individuels, nous avions assisté à une réunion organisée par l’UMJ, rassemblant les présidents des municipalités des différents villages. Nous avons exposé en détail le projet du PNR ainsi que sa mise en œuvre dans la région de Jezzine. La présence du président de l’UMJ, Khalil Harfouche, était une garantie de son adhésion au projet et a marqué son engagement envers les étapes à venir. Cette rencontre a ouvert la voie à des contacts plus personnels avec chaque président de Municipalité, ce qui a favorisé des échanges plus approfondis et a facilité la communication pour les entretiens individuels ultérieurs. Il était important d’étudier et de comparer les points de vue des décideurs et des acteurs de la ville de Jezzine et ceux de la région.
Ces entretiens se sont déroulés d’août 2021 à septembre 2022. Nous avons rencontré 71 acteurs et décideurs de la région de Jezzine qui se répartissent comme suit : les acteurs locaux politiques (27), les anciens et nouveaux députés (7), les présidents des mouvements politiques (2), le ministre de l’Environnement, les responsables du tourisme et du service (7), les experts et chercheurs (8), les présidents des associations (8), les investisseurs (5), les directeurs d’école (6). Le dépouillement des réponses a été effectué soit manuellement pour certaines questions, après les avoir classées par catégorie, soit à l’aide du logiciel IBM SPSS.
L’enquête auprès des habitants et des visiteurs
En outre, tout aménagement nécessite également l’information et la participation de la population. En vue de les consulter, nous avons élaboré une fiche d’enquête agréée par le comité d’éthique de l’université Saint-Joseph à Beyrouth (USJ) et établi un échantillon représentatif de la population de la région de Jezzine afin d’analyser leurs perceptions du territoire, leur approbation et leur participation concernant la création du PNR. Ces fiches sont destinées aux décideurs, aux habitants permanents, aux Jezziniens qui passent le week-end et l’été dans leur village, aux touristes, aux excursionnistes.
Cette méthode a permis de collecter les différents points de vue des personnes sondées et de les comparer, de les évaluer et de les analyser pour obtenir des données fiables quant au projet du PNR. Il existe plusieurs méthodes d’échantillonnage ; nous avons opté pour celle de l’université de Florida (Israel, 1992), qui prend en considération la taille de la population, le risque d’avoir un mauvais échantillonnage et l’erreur d’échantillonnage, en calculant le nombre de questionnaires qu’un chercheur doit utiliser.
D’après l’UMJ, 60 000 personnes sont inscrites dans la région de Jezzine, dont 35 000 sont des habitants permanents, tandis que 25 000 personnes passent leurs vacances, l’été et les week-ends dans la région. Le nombre moyen de visiteurs par semaine serait de 3 000. Au vu de ces données et d’après la méthode d’échantillonnage précitée, il nous faut réaliser 400 enquêtes par catégorie, soit une enquête auprès de 1 200 personnes en tout. L’enquête terrain a été menée auprès de 1 3151 personnes dont 515 sont des habitants permanents, 400 sont des Jezziniens qui résident à Beyrouth l’hiver et passent les vacances d’été et les week-ends à Jezzine, et 400 sont des visiteurs et des touristes.
Ces enquêtes ont été menées parallèlement à nos entretiens auprès des décideurs et des acteurs. Elles ont pour objectif d’appréhender les attentes et les besoins des décideurs et de la population en matière de développement local et d’aménagement du territoire, de saisir leurs points de vue quant à l’installation d’un PNR et d’analyser leurs perceptions sur le territoire, et son évolution.
Difficultés rencontrées
Pour les entretiens avec les décideurs de la région de Jezzine, nous avons été confrontés à quelques difficultés pour pouvoir les rencontrer, à cause de leurs disponibilités et de la coordination des horaires. Et ce d’autant que la durée minimale de chaque entretien était entre 30 et 45 minutes.
Concernant les enquêtes, les problèmes rencontrés étaient liés à la période de la pandémie et au confinement. Dans ce contexte particulier, il était en effet impossible de mener toutes les enquêtes en face à face. Nous en avons donc mené via Google Forms, avec une diffusion sur les réseaux sociaux. Chaque questionnaire durait entre 20 et 30 minutes. Les difficultés ne résidaient pas seulement dans la disponibilité des locaux mais également dans celle de trouver des touristes en période de crise sanitaire et économique.
Principaux résultats
La délimitation du PNR (figure 1) et son zonage (figure 2) constituent des éléments centraux de sa planification et de sa gestion.
Délimitation du périmètre d’installation du PNR dans la région de Jezzine
Figure 1. Carte de délimitation du PNR de l’UMJ
Source : Abou Nader, 2022.
Zonage du PNR dans la région de Jezzine
Le PNR a été subdivisé en trois zones distinctes destinées à assurer une approche équilibrée et intégrée de sa préservation et de son développement : les zones de conservation, les zones de gestion contrôlée et les zones de développement durable, conformément aux dispositions énoncées dans la loi libanaise n° 130/2019.
Processus de classification des sites
Si la loi libanaise n° 130/2019 définit les zones, elle ne détaille pas la classification avec des critères bien précis pour établir un plan de délimitation concernant les trois zones du PNR de l’UMJ. Afin de situer les différents sites naturels, culturels et les monuments présents dans la région de Jezzine au sein des différentes zones, un processus de classification a été élaboré. Nous avons nous-mêmes défini les critères utilisés dans cette étude sans nous inspirer de travaux préexistants. Ces critères ont été établis sur la base de notre propre analyse et compréhension des enjeux spécifiques de la région de Jezzine, en prenant en compte les objectifs de conservation, les caractéristiques écologiques, ainsi que les besoins socioéconomiques de la population locale. Notre approche a été guidée par une combinaison d’observations sur le terrain et d’une revue approfondie de la littérature relative aux PNR.
Ce processus repose donc sur un tableau de critères spécifiques considérant des éléments tels que la valeur écologique, historique, culturelle et économique de chaque site. Chaque site est évalué en fonction de ces critères et attribué à la zone qui correspond le mieux à ses caractéristiques et à son potentiel d’utilisation. Après l’établissement de cette délimitation, celle-ci a été matérialisée à travers des cartes réalisées soit sur des systèmes d’information géographique, soit sur des plateformes telles que Google Earth. Cette délimitation a fait l’objet de discussions avec le président de l’UMJ et avec le directeur du PNR du Verdon dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en France. D’autres échanges ont été réalisés avec les présidents des différentes municipalités concernées. Des sessions de groupes de discussion, notamment avec les habitants et en particulier avec les propriétaires de terrains situés dans les zones de conservation et de gestion contrôlée, ont également été organisées.
Tableau des critères pour l’implémentation du PNR
Ces deux tableaux (tableaux 1 et 2), l’un pour la zone de conservation et l’autre pour les zones non conservées (zone de gestion contrôlée et zone de développement durable), ont été réalisés en prenant en considération des indicateurs. Ces indicateurs ont été répartis dans des classes pour aboutir à une note qui permette la classification écologique (la note la plus haute correspond à la zone de conservation).
Tableau 1. Zone de conservation : critères, indicateurs, classes et notes
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Critères |
Indicateurs |
Classe |
Note |
|
Zone conservée en raison de son importance écologique et environnementale |
Nombre d’espèces animales et végétales représentés |
< 10 |
1 |
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10 – 30 |
2 |
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|
31 – 60 |
3 |
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|
61 – 100 |
4 |
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> 100 |
5 |
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Taux de répartition de la moyenne des espèces |
Endémique strictement au site |
5 |
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Endémique de la région de Jezzine |
4 |
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Endémique du Liban |
3 |
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Endémique du bassin méditerranéen |
2 |
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Répartie dans le monde |
1 |
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Importance des couches géologiques (ambre, fossiles…) |
Présence importante de matériaux de valeur dans les couches géologiques |
5 |
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Présence moyenne de matériaux de valeur dans les couches géologiques |
3 |
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|
Absence de matériaux de valeur dans les couches géologiques |
1 |
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|
Sites protégés par l’État (forêt, réserve naturelle, biosphère, monuments et sites naturels2, hima) |
Aire protégée inscrite |
5 |
|
|
Projet de protection en cours de développement |
4 |
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|
Terrain conservé et protégé par ses propriétaires |
3 |
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|
Terrain menacé non conservé |
2 |
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|
Terrain détruit de façon irréversible |
1 |
Indice final (obtenu en additionnant les notes) : 15 – 20 : zone de conservation à grande importance ; 11 – 14 : zone de conservation à moyenne importance ; 1 – 10 : zone de gestion contrôlée.
Source : Abou Nader.
Le tableau suivant concerne les zones de gestion contrôlée et de développement durable. Comme pour la zone de conservation, il a été élaboré sur la base d’indicateurs spécifiques, permettant de classer ces zones selon leur valeur écologique.
Tableau 2. Zones de gestion contrôlée (GC) et de développement durable (DD) : critères, indicateurs, classes
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Critères |
Indicateurs |
Classe |
Zone |
|
Utilisation durable des ressources |
Présence de productions locales (produits de terroir, agriculture, outils traditionnels…) à partir des ressources naturelles présentes |
Oui |
GC |
|
Non |
DD |
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|
Équilibre entre le rendement économique de la production et la protection de l’environnement |
Oui |
GC |
|
|
Non |
DD |
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|
Chasse et pêche : pratiques durables |
Techniques utilisées traditionnelles et compatibles avec les lois environnementales |
GC |
|
|
Techniques utilisées développées et inadéquates avec la durabilité de la faune (dynamite, machine à son pour les oiseaux, abattage de tous types d’oiseaux…) |
DD |
||
|
Exercice des activités humaines traditionnelles compatibles avec l’environnement |
Présence de production agricole |
Présence de terrains agricoles |
GC |
|
Peu ou pas de terrains agricoles |
DD |
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|
Taux de pâturage |
Pâturage raisonnable |
GC |
|
|
Surpâturage |
DD |
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|
Technique utilisée dans la production des produits de terroir (miel, vin, mouneh, olive, farine…) |
La production est traditionnelle et compatible avec la conservation de l’environnement. |
GC |
|
|
La production se fait dans une usine qui utilise une nouvelle technologie et qui respecte les normes environnementales. |
DD |
||
|
La production se fait dans une usine polluante et qui menace le développement durable de la région. |
Exclue du PNR |
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|
Compatibilité des activités touristiques avec la conservation de l’environnement |
Randonnées, trekking, autres activités sportives dans la nature, camping ou guest houses, bungalows, chambres d’hôtes, musées et écomusées… |
GC |
|
|
Activités culturelles traditionnelles : processions religieuses, fêtes de village, tournois sportifs… |
GC |
||
|
Festivals, fréquentation d’hôtels et de restaurants de qualité… |
DD |
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|
Zone habitée |
Existence d’habitations et de marchés |
Maison des gardiens de la nature, guest houses, chambres d’hôtes, bungalows, marché de villages… |
GC |
|
Immeubles, habitations, souks… |
DD |
||
|
Présence d’usines |
Petites usines traditionnelles pour les produits de terroir |
GC |
|
|
Grandes usines pour des productions industrielles à grande échelle |
DD |
||
|
Présence de carrières |
Les carrières sont absentes. |
GC |
|
|
Les carrières sont présentes (à condition de respecter les lois environnementales). |
DD |
||
|
Les carrières sont illégales et menacent l’environnement. |
Exclue du PNR |
Source : Abou Nader.
Analyse
L’analyse des critères et des indicateurs utilisés pour distinguer les zones de conservation, les zones de gestion contrôlée et les zones de développement durable révèle une approche systématique pour évaluer la durabilité des pratiques locales et la valeur écologique des différentes zones. Ces catégories ont été clairement représentées sur la carte ci-dessous illustrant les trois principaux types de zones.
Figure 2. Les trois zones du PNR de l’UMJ
Source : Abou Nader, 2022.
Les zones de conservation, au sein du cœur du parc, sont dédiées à la préservation stricte de l’écosystème et de la biodiversité. Elles englobent des habitats fragiles et des espèces menacées : l’activité humaine y est limitée voire interdite pour garantir leur pérennité. Elles se distinguent donc par leur haute biodiversité, la présence d’espèces endémiques, et des caractéristiques géologiques précieuses, surtout les forêts, les vallées et les sources d’eau. Elles bénéficient également d’un statut juridique de protection. Ces zones reçoivent les notes les plus élevées en termes de valeur écologique et environnementale, ce qui justifie leur préservation stricte.
L’étude des critères de gestion contrôlée et de développement durable montre une distinction claire entre les pratiques durables et non durables dans l’utilisation des ressources naturelles et l’exercice des activités humaines.
Les zones de gestion contrôlée se distinguent par une utilisation durable des ressources, des pratiques agricoles traditionnelles, et un équilibre entre le rendement économique et la protection de l’environnement. Elles permettent une interaction plus modérée entre l’homme et la nature. La présence de productions locales, telles que les produits de terroir, et des techniques de chasse et de pêche conformes aux lois environnementales, renforce la durabilité de ces zones.
En revanche, les zones de développement durable, bien que visant un développement économique et social, montrent des pratiques souvent inadéquates à la durabilité, telles que l’usage de techniques modernes polluantes ou le surpâturage. Les activités touristiques dans les zones de gestion contrôlée sont compatibles avec la conservation de l’environnement, tandis que les zones de développement durable incluent des infrastructures touristiques plus intensives, comme les hôtels et les festivals, qui peuvent avoir un impact environnemental plus significatif. Cela nécessite une régulation. La gestion des industries et des carrières présente également une divergence notable, avec une préférence pour les petites usines traditionnelles dans les zones de gestion contrôlée et une tolérance pour les grandes usines industrielles dans les zones de développement durable, à condition qu’elles respectent les normes environnementales.
En somme, l’approche différenciée entre les zones de gestion contrôlée et les zones de développement durable permet de favoriser des pratiques durables tout en équilibrant les besoins de développement économique, ce qui met en évidence l’importance de stratégies de gestion adaptées pour la conservation et le développement régional.


